Tout d’abord, on va parler saponification…

Il s’agit d’une réaction chimique, qui permet l’hydrolyse de corps gras par une base forte (alcali), afin de produire du glycérol et des ions carboxylates, qui constituent le savon ! Ça, c’est l’explication « scientifique » (d’ailleurs je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais on a tou.te.s fait du savon pendant les cours de physique-chimie en classe de seconde) !


Pour faire plus simple, le savon est obtenu en mélangeant des corps gras (huiles, beurres) à une solution basique (on utilise la soude NaOH pour réaliser des savons « durs » et la potasse KOH pour faire du savon « liquide ») et il en résultera du « savon » et de la glycérine.

Corps gras + alcali -> Savon + glycérine
C’est une réaction totale, c’est-à-dire qu’à la fin de la réaction, l’un des composants d’entrée est totalement consommé (cas de l’alcali, ce qui fait que le savon n’est plus caustique). Cette réaction dégage également une importante quantité de chaleur : on dit qu’elle est exothermique.

La saponification « à froid » vs. « à chaud »

La saponification peut être réalisée à froid, c’est-à-dire à température ambiante. Ce processus est lent, c’est pour cela qu’il faut au minimum compter 5 semaines de « cure » afin que la réaction se fasse en totalité et que la soude soit complètement consommée.


Elle peut également se faire « à chaud », c’est-à-dire que les corps gras sont chauffés et que la pâte à savon est cuite afin d’accélérer la saponification. D’ailleurs, la technique ancestrale du « chaudron » est utilisée depuis plusieurs siècles notamment pour la fabrication du véritable savon de Marseille et du savon d’Alep. La fabrication industrielle du savon utilise aussi cette technique qui est plus rapide et donc moins couteuse (car permet de s’affranchir des 5 semaines de cure). De plus, bien souvent, la glycérine est extraite des savons industriels et est réutilisée pour l’industrie cosmétique.

Alors quelles sont les différences entre un savon produit par saponification « à froid » et par saponification « à chaud » ?

Si vous avez suivi, le savon est donc fabriqué à partir d’huiles (chez La Fabrik’ à Bulles, on utilise exclusivement des huiles végétales de première pression à froid). Ces huiles, qui proviennent de plantes oléagineuses, sont riches en acides gras et en vitamines (spécifiques à chaque huile) ce qui leur confère de nombreuses propriétés : antioxydante, nourrissante, séborégulatrice, assouplissante, …


Comme on l’a vu plus haut, les procédés de saponification « à chaud » cuisent la pâte à savon (et font monter les températures jusqu’à 100°C). La chauffe provoque une destruction partielle ou totale des principes actifs présents dans les huiles et donc fait perdre les propriétés associées.


Le fait donc de travailler « à froid » permet de préserver la qualité des huiles entrant dans la composition du savon. De plus, en saponification à froid, on surgraisse les savons, ce qui signifie que l’on ajoute de l’huile dans les réactifs de départ afin qu’elle ne soit pas (ou peu) saponifiée ce qui permet d’obtenir un savon ultra-doux pour la peau (et pas décapant !).

Pour finir, on a vu que dans les procédés industriels, la glycérine (qui constitue environ 25% du poids final du savon) est extraite pour être valorisée ailleurs. En saponification à froid, la glycérine est conservée car elle a un rôle primordial pour le respect de la couche hydrolipidique présente à la surface de notre peau. C’est notamment ce qui fait qu’avec l’utilisation d’un gel douche ou d’un savon industriel on a souvent des plaques rouges en sortant de la douche !


Pour toutes ces raisons, le savon saponifié à froid, et en plus du fait qu’il est peu gourmand en énergie pour sa production, qu’il n’est pas emballé dans du plastique, qu’il ne contient pas une multitude de substances toxiques, et qu’il est 100% biodégradable, vous l’aurez compris, est un véritable produit de soin pour notre peau ainsi que pour la planète.


A bientôt pour un nouvel article